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CR par Roselyne Waller de : Annick Jauer, « L’Allemagne d’Aragon », Publications de l’Université de Provence, 2007

dimanche 7 octobre 2007, par L. V.

Vous trouverez ci-dessous les premiers paragraphes de ce compte-rendu. Le texte intégral est disponible au format pdf en bas de cette page.

Annick Jauer, L’Allemagne d’Aragon, Publications de l’Université de Provence, 2007.

Dans cet ouvrage, qui retravaille la thèse soutenue en 2002 à l’Université de Provence sous la direction de Suzanne Ravis sous le titre : Aux confins de la nostalgie et du devenir : l’Allemagne d’Aragon, Annick Jauer part du constat qui pourrait sembler décourageant que la culture allemande n’apparaît pas comme une composante majeure de l’œuvre d’Aragon – comme le montrerait suffisamment le colloque tenu à Glasgow en 1992, qui, portant sur Aragon, Elsa Triolet et les cultures étrangères n’en fait pas état. Pourtant une lecture attentive révèle une permanence et une ampleur du thème allemand que peuvent dissimuler dans un premier temps sa dispersion dans l’œuvre et dans le temps et son mode d’insertion qui ne se fait pas sous forme d’une saillante mise en avant. Le rapport d’Aragon à l’Allemagne relève à la fois de la formation théorique, philosophique et littéraire et du contact frontal historique et personnel avec le réel (la guerre de 14-18). Ce double lien explique l’importance de l’Allemagne dans « la quête du sens » fondamentale à laquelle s’adonne Aragon et qui tente d’articuler le sujet au réel, à l’Histoire tout en interrogeant les rapports du réel et du mythe : le champ d’investigation que constitue l’Allemagne intéresse du même coup la personne d’Aragon avec sa biographie particulière qui oriente son questionnement sur l’origine et le devenir historique et l’auteur qui pense les enjeux esthétiques et politiques de son écriture. La réflexion d’Aragon à partir de l’expérience allemande n’est ni monolithique ni synthétique mais elle finit pourtant par former système ; et la façon dont Annick Jauer intègre dans son analyse la manière aragonienne d’insérer une Allemagne signifiante dans son œuvre - qu’elle définit comme voilement/dévoilement – est l’un des mérites de son travail. Annick Jauer explicite d’emblée sa démarche, double : une première approche adopte une perspective chronologique ; une seconde lui succède dans l’ouvrage, thématique et interprétative, visant à dégager « l’essence » de l’Allemagne d’Aragon, à travers « Les affinités allemandes d’Aragon » et « Le rôle de l’Allemagne dans le rapport du sujet au réel ». Cette double optique est justifiée par Annick Jauer non comme une simple commodité d’organisation mais comme imposée en quelque sorte par l’observation des textes mêmes d’Aragon. A partir de ce qu’on appelle maintenant couramment la troisième période d’écriture d’Aragon, des années 50 et de la crise idéologique qui s’y noue, la perspective chronologique cesse d’être productive et bute sur le retour réflexif d’Aragon sur lui-même : cherchant du côté des origines les éléments qui ont guidé ses choix personnels, politiques et esthétiques, il met en scène dans ses textes une Allemagne dont les contours ne sont plus déterminés par un contexte historique mais qui vaut comme espace et truchement d’un questionnement intime sur ce qui l’a fondé, et engage l’analyste à l’envisager de ce point de vue-là." [Lisez l’intégralité de ce compte-rendu en cliquant sur l’icône du document ci-dessous]

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