Érita : Équipe de Recherche Interdisciplinaire Triolet / Aragon
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Alain Trouvé, « 7779 : énigme du corps et corps de l’énigme selon Théâtre / Roman d’Aragon », conférence, 23 octobre

samedi 20 octobre 2012, par C. G.

Alain Trouvé, « 7779 : énigme du corps et corps de l’énigme selon Théâtre / Roman d’Aragon », conférence donnée dans le cadre du Groupe de Recherche sur la Lecture littéraire de l’Université de Reims.

Séminaire « Approches Interdisciplinaires de la Lecture (AIL8) 2012-2013 »

Séance du 23 octobre 2012 à 17h

Salle R240, bâtiment de recherche, 17h

L’introduction de cette conférence est lisible ici. Nous reproduisons ci-dessous la partie consacrée à Théâtre/Roman :

« Théâtre/Roman est le dernier roman d’Aragon paru en 1974, après la mort d’Elsa Triolet en 1970. Comme Mallarmé, Aragon a souvent convoqué l’image du théâtre dans son écriture en tant qu’elle se pensait elle-même comme profération (lire, entre autres, « La Chambre d’Elsa », dans le poème Elsa, 1959). Ni l’un ni l’autre n’ont écrit à proprement parler une œuvre pour le théâtre comparable par exemple à celle d’un Hugo.

Dans Théâtre/ Roman, le théâtre est aussi un thème représenté, intégré dans le fil très lâche d’une narration romanesque. Le personnage principal de la première partie est l’Acteur Romain Raphaël. On trouve encore le Metteur en scène, l’Auteur et le Lecteur. Toute la gamme des relations impliquées dans l’art théâtral et dans lui seul, en tant que le corps à l’œuvre y est en quelque sorte un corps multiple ou démultiplié.

C’est également un texte de la vieillesse qui met en scène de diverses façons les défaillances de la mémoire et de la parole, une parole infiltrée par l’Ecrivain, double du Vieux de la première partie. Le texte parfois dérape en glossolalie, ou semble s’enliser dans l’autodestruction ou le décousu. D’une certaine façon Théâtre/ Roman aborde la question de l’altération des facultés qui fut au cœur d’un séminaire plus ancien (AIL2). Cette approche nous avait été suggérée par le philosophe Didier Martz qui avait placé ce terme en titre de sa conférence. Jusqu’à quel point l’œuvre porte-t-elle la trace de l’altération ? Laquelle ne se confond pas avec l’altérité, comme nous l’avions alors noté et c’est tout le problème des confusions de langage. Cette dernière est-elle poétiquement accueillie, comme je le proposerai, ou effective, comme certains le laissent parfois entendre, reléguant la confusion bien présente au sein du texte au rang – négatif – des avatars du grand âge ?

Aragon ne laisse pourtant pas de jouer avec des intertextes, les reprenant ou introduisant des inédits. Parmi les nouveaux venus, Anthoine de Montchrestien, écrivain baroque du début du XVIIe siècle, disciple peut-être impertinent de Malherbe, selon Aragon – c’est mon hypothèse. Montchrestien qui avait épousé la cause des protestants est mort tragiquement en 1621 des suites d’une embuscade et l’on n’aurait retrouvé sur son corps comme seul document qu’un mystérieux papier portant les chiffres « 7779 ». Autour de cette énigme, le texte d’Aragon opère un certain nombre de variations qui ne sont pas sans rapport avec la question qui nous préoccupe. […]

La suite au 23/10/12…. »

Alain Trouvé

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