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Compte-rendu par Lionel Follet de : Simone Breton, « Lettres à Denise Lévy (1919-1929) et autres textes », 2005.

lundi 7 mars 2005, par L. V.

Vient de paraître :

Simone Breton, Lettres à Denise Lévy (1919-1929) et autres textes, édition établie par Georgiana Colvile (Joëlle Losfeld, février 2005).

Ces lettres dont on ne connaissait que quelques extraits (le récit initial des « Sommeils » par exemple) sont un document de première importance, par les informations multiples qu’elles apportent et l’acuité des portraits qu’elles tracent ou aident à préciser. Celui de Simone elle-même, épistolière à l’intelligence aiguë, sensible et passionnée, et celui de la destinataire, sa cousine Denise Lévy (principal pilotis de la Bérénice d’Aurélien), dessiné en creux puisque l’autre volet de cette correspondance reste encore inaccessible (Georgiana Colvile en avait publié quelques fragments, non repris ici, dans Pleine Marge, n° 35, juin 2002).
Occupant dans ce groupe d’hommes une place à la fois centrale et marginalisée (elle s’en plaindra), Simone projette une lumière originale sur leurs débats, leurs enthousiasmes, leurs jeux, leurs conflits. Outre André Breton présent presque à chaque page, on croise ici les principaux acteurs, et de nombreux seconds rôles, de Dada puis du surréalisme - Soupault, Éluard, Picabia, Desnos, Péret, Max Ernst, Jacques Baron, Roger Vitrac, Roland Tual... Et Max Morise dont Simone accepte et partagera peu à peu l’amour, Marcel Noll amoureux de Denise et Pierre Naville qu’elle épousera.
En ce qui concerne Aragon, ces lettres apportent peu d’informations nouvelles sur l’amour non dénué d’ambiguïté qu’il porte à Denise, en 1923-1924. Mais elles contribuent à nuancer et enrichir son portrait. On connaissait déjà partiellement le récit de la crise qui se noue autour de Paris-Journal, en avril 1923 : plus indulgente à son égard que Breton ou d’autres surréalistes, Simone le peint, à cette occasion comme en d’autres, à la fois exaspérant, attachant et vulnérable.
Une parution précieuse donc, qui souffre malheureusement d’un établissement hâtif du texte, et d’erreurs nombreuses et graves dans la datation des lettres.

Lionel Follet

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