Érita : Équipe de Recherche Interdisciplinaire Triolet / Aragon
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Michel Apel-Muller, par Marianne Delranc Gaudric, 2012

dimanche 23 décembre 2012, par C. G.

J’ai connu Michel Apel-Muller lorsque j’ai commencé ma thèse sous la direction de Léon Robel. Michel Apel-Muller m’a très gentiment accueillie au Fonds Elsa Triolet-Aragon, alors situé rue de Richelieu.

Aragon, en remettant au CNRS ses manuscrits ainsi que ceux d’Elsa Triolet, avait établi un parallèle entre Jean Ristat (« celui qui va prolonger ma vie ») et Michel Apel-Muller. Il avait dit de ce dernier : « Michel Apel-Muller, qui fit déjà métier de chercheur pour l’œuvre d’Elsa Triolet, fera qu’elle et moi nous allons nous survivre [1]. » Michel Apel-Muller veillait sur les manuscrits comme sur la prunelle de ses yeux tout en permettant aux chercheurs des découvertes progressives. Mais il poursuivait en même temps son œuvre de chercheur et faisait bénéficier le séminaire de ses analyses, de ses propres découvertes et de ses témoignages vivants sur Aragon et Elsa Triolet qu’il avait bien connus, ainsi que sur d’autres personnalités comme Antoine Vitez, par exemple. Il veillait également à ce que la mémoire des deux écrivains soit respectée.

Il avait engagé avec Édouard Ruiz, Suzanne Ravis, Lionel Follet, Léon Robel, un travail important sur la vie et l’œuvre d’Aragon, travail qui fut la base de la publication des œuvres d’Aragon dans la Pléiade.

Je l’ai vu lutter de façon acharnée pour transformer la maison de campagne des deux écrivains, à Saint-Arnoult-en-Yvelines en un centre de culture, de recherche et de création, allant jusqu’à créer les meilleures conditions possibles pour que les chercheurs y travaillent : chambres aménagées, nomination d’une bibliothécaire, possibilité de consulter les ouvrages de la bibliothèque… Lorsque le site de Richelieu disparut, il voulut que les manuscrits soient transférés à Saint-Arnoult, mais cela ne se fit pas. Reste que le Moulin est devenu un lieu de plus en plus attractif.

Sa combativité et son savoir ont impulsé et favorisé les études aragoniennes et trioletiennes, qui se sont maintenant largement développées et suscitent de plus en plus d’intérêt.

Marianne Delranc Gaudric

Hommage à Michel Apel-Muller

Notes

[1] « D’un grand art nouveau : la recherche/Il faut savoir aider les chercheurs, Post-scriptum », L’Humanité, 5 mai 1977, p. 9

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