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Compte rendu par Suzanne Ravis-Françon, de la biographie d’Aragon de Pierre Juquin, La Pensée, janvier-mars 2014

vendredi 9 mai 2014, par C. G.

Un compte-rendu de lecture de Suzanne Ravis-Françon dans La Pensée de janvier-mars 2014  : « Une biographie d’Aragon par Pierre Juquin »

Suzanne Ravis-Françon vient de publier un long compte-rendu de lecture, intitulé « Une biographie d’Aragon par Pierre Juquin », dans La Pensée n° 377, p. 129-140, (janvier-février-mars 2014), dont nous proposons ici un résumé.

Elle y annonce d’emblée le fait que les deux volumes Aragon, un destin français sont « désormais incontournables », et argumente la très grande valeur de cette biographie selon divers axes largement développés et étayés. Tout en regrettant l’absence d’index et de certaines références, et des citations parfois inexactes, elle insiste sur la connivence que construit le biographe avec le lecteur, grâce à divers choix énonciatifs et narratifs et à la multiplicité des anecdotes.
Dans un premier temps, elle identifie les caractéristiques de cette biographie :

- la volonté réussie d’être lisible par tous, et pas seulement par un public averti (« Pour qui écrivez-vous ? ») ;

- l’association originale de la quête du vrai et de l’implication personnelle (« Une subjectivité assumée ») ;

- la riche synthèse des apports de documents connus et de très nombreux documents inédits associés à de larges et nombreuses citations d’écrits aragoniens méconnus (« Une démarche rationnelle en quête de vérité »).

Dans un second temps, elle met en évidence différents aspects que la biographie montre de la vie d’Aragon (sans être nécessairement chronologique, ce qui en fait aussi la nouveauté et l’intérêt), en en soulignant systématiquement les apports et le point de vue nouveaux :

- la lente maturation philosophique et politique du jeune Aragon dans laquelle le mouvement dada et le surréalisme jouent un rôle capital (« Une évolution en lien avec l’histoire ») ;

- les différentes étapes de la relation d’Aragon à l’URSS et au PC (« Se construire dans le communisme, un choix à l’épreuve du temps ») ;

- le combat inlassable d’Aragon pour imposer la liberté de l’art, y compris à travers des prises de position philosophiques peu connues (« Une exigence incontournable : la liberté de création ») ;

- trois aspects d’Aragon particulièrement mis en avant par le biographe : le sens de l’organisation, dans les multiples initiatives politiques et culturelles qui ont jalonné sa vie, le courage, lors des deux guerres, la diffusion et les succès de cette « voix française » à valeur exemplaire et universelle (« Quelques images fortes d’Aragon ») ;

- la vie de l’auteur et de l’homme après la mort d’Elsa Triolet, abordée « avec franchise et retenue » (« La vieillesse d’Icare ») ;

- l’affirmation, jusqu’au bout, d’un message d’espoir et d’un avenir à conquérir, par le choix du Fou d’Elsa en clôture de la biographie, en dépit du désespoir qui selon Suzanne Ravis-Françon irrigue également cette œuvre (« Ce testament à nous légué avant l’heure »).

Le compte-rendu s’achève sur la comparaison entre les deux biographies existantes d’Aragon (« Deux lectures biographiques divergentes »). Suzanne Ravis-Françon y oppose la vision pessimiste de Pierre Daix (l’adhésion à un groupe comme tentative de réparation de la blessure familiale originelle et la dépendance inhérente à cette quête) à la vision optimiste de Pierre Juquin (une vie complexe construite par un homme assumant ses choix).

Pour des informations sur La Pensée, revue publiée par la Fondation Gabriel Péri, voir :www.gabrielperi.fr.

Compte-rendu de l’article de Suzanne Ravis-Françon réalisé par Patricia Principalli

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