Érita : Équipe de Recherche Interdisciplinaire Triolet / Aragon
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Jordi Brahamcha-Marin, « Louis Aragon lecteur de Victor Hugo (1920-1944) », 2020

samedi 10 octobre 2020, par C. G.

Cet article porte sur les lectures de Hugo par Aragon entre 1920 et 1944, et s’intéresse donc, après bien d’autres, à cet « inévitable rendez-vous » entre les deux écrivains qui donne son titre à un article de Roger Bordier. Plusieurs commentateurs ont souligné les évidentes filiations entre les deux auteurs, du point de vue de leurs engagements politiques comme de leurs pratiques littéraires ; ces rencontres parfois « de hasard » sont, à l’évidence, travaillées par un Aragon qui cherche à se constituer, jusqu’en 1956 au moins, comme grand lecteur et comme héritier de Hugo, et qui bien souvent esquisse son propre autoportrait lorsqu’il évoque le poète des Châtiments. Le texte qui suit envisage quelques modalités de cette rencontre littéraire, ou plus exactement quelques modalités de ce travail de filiation. Il est en grande partie tiré de ma thèse sur La réception critique de la poésie de Victor Hugo en France (1914-1944), qui, entre autres, examinait la réception de Hugo par plusieurs auteurs de la période : Gide, Valéry, Proust, Claudel, etc. La plupart de ces écrivains faisaient l’objet d’un chapitre autonome, ce qui n’était pas le cas d’Aragon : les remarques que je lui consacrais étaient réparties entre trois chapitres distincts, un consacré aux surréalistes, un consacré au Parti communiste dans l’entre-deux-guerres et un consacré à la Seconde Guerre mondiale et à la Résistance . Ce plan avait sans doute des avantages, mais en ce qui concerne Aragon une telle approche, bien que fondée sur des césures biographiques ou historiques réelles, risquait d’accentuer le sentiment de discontinuité. C’est pourquoi je suis heureux d’avoir l’occasion de présenter ici ces recherches sous une forme plus susceptible de faire droit à la cohérence de la vie et de la carrière d’Aragon. Il ne s’agit pas de forcer les faits et d’unifier ce qui ne peut pas l’être, mais il s’agit bien d’étudier comment, à travers les périodes, Aragon élabore et travaille son rapport à Hugo – rapport qui est, d’un bout à l’autre de sa carrière, un rapport d’admiration, même si cette admiration ne prend pas toujours les mêmes formes ni ne vise toujours exactement le même objet, c’est-à-dire le même Hugo. Je tâcherai donc de montrer comment, de période en période, et malgré les évidentes ruptures, des continuités se manifestent. Dans cet article et conformément aux bornes chronologiques de ma thèse, je vais m’arrêter en 1944 (à La Diane française), en laissant de côté ces textes ultérieurs fort intéressants que sont par exemple les Chroniques du bel canto, ou les textes de 1952 comme la conférence sur Hugo poète réaliste, l’article sur « Le PCF et Victor Hugo » dans La Pensée, ou l’anthologie Avez-vous lu Victor Hugo ?

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